Bonjour

Tous les mardis, on rentrait à pied pour manger ensemble.
Ça commence là, devant une maison abandonnée depuis des années que tous les enfants du quartier appellent « La Maison hantée ». On marche tranquillement sur le trottoir, quand on voit un homme sortir par le portail de cette propriété. Il est jeune, et habillé de manière décontractée.
Nos parents nous avaient pourtant bien dit de ne jamais parler aux inconnus, mais là, nous avions oublié cette règle.
— Bonjour, dit Virginie, vous habitez ici ?
— Non, j’habite juste derrière mais je suis passé par là parce que c’est plus rapide. Et vous deux, vous habitez où ? demande-t-il avec un sourire mêlant l’hypocrisie et la gentillesse.
C’est là que nous nous sommes rendu compte de notre erreur, et avons commencé à douter.
— Par là, par là, dit Nadia.
— Par là, par là, complète Virginie.
— Bon, au revoir les filles !!
Au moment où il se retourne, nous voyons qu’il porte une hache sur son dos Mortes de peur, nous avons commencé à courir discrètement, pour qu’il ne nous entende pas.

Tout ce qu’on a écrit s’est vraiment passé, et on voulait l’écrire pour rappeler à tout le monde de ne pas parler aux inconnus, pas finir traumatisées comme nous…

Virginie et Nadia

La Bête

Elle était là, devant moi. Rapide, très rapide, parce qu’elle avait faim, très faim. J’étais bloquée, paralysée, incapable de bouger. Elle laissait une trace visqueuse sur le sol poussiéreux. Elle s’approchait de plus en plus, de plus en plus rapidement. Trois mètres. Deux mètres. Un mètre. 50 centimètres. Sa gueule ouverte. Ses crochets. Le venin. Et plus rien…

J’ai écrit ce texte parce que chez moi, j’ai un boa constricteur. Je déteste ça, j’ai envie de disparaître de ce monde quand le serpent se promène dans la maison, tellement il m’inspire de la peur.

Nadia