Dans la peau d’une femme

Un jour, quand j’avais six ans, j’ai vu mon frère faire de l’escrime. Et là j’ai compris que je voulais en faire moi aussi. J’ai alors décidé de demander à mon père de commencer à manier le fleuret. Mais il n’a rien voulu savoir et m’a envoyée dans ma chambre pour le reste de la soirée.

(12 ans plus tard)

Ce soir c’est décidé, je pars de la maison. Pendant douze années, j’ai observé mon frère durant ses cours particuliers. Maintenant c’est à mon tour de faire de l’escrime. Alors c’est décidé je pars!

(2 mois plus tard)

Depuis deux semaines, je vais m’entrainer dans un gymnase tous les vendredis. Pour cela j’ai dû me couper les cheveux, je porte une bande de tissu sur la poitrine et des habits larges pour cacher mes formes. Mais je peux enfin faire le sport qui me plait.

(4 ans plus tard)

Ça y est je suis aux Jeux Olympique! Après de nombreuses manches (plusieurs gagnées et une perdue), vient l’heure des résultats. Je suis impatiente et angoissée. Le jury annonce que je suis à la troisième place. Au moment où je suis sur le podium, j’enlève mon casque, j’ôte ma combinaison et la bande qui comprime ma poitrine. Un murmure s’élève alors de la foule « C’est une femme?! » Je m’exclame alors: « Eh oui je suis une femme! Et regardez comme je suis allée loin! A toutes les femmes du monde, je crie: croyez en vos rêves! ».

Mathilde et Méline

Dans la peau d’une femme – Je ne pouvais pas…

13 juin 1962
Je ne pouvais pas le garder. J’ai dix-huit ans, je n’ai pas de travail.

Quelques semaines avant

Quand je me suis rendue compte que j’étais enceinte, je n’ai pas eu d’autre choix que de me faire avorter. J’ai trouvé une femme qui a accepté de me « délivrer » pour 3 500 francs*. Trois jours après, elle est venue chez moi. Elle m’a demandé de m’allonger sur la table de la salle à manger, recouverte d’un draps. Elle a sorti une aiguille à tricoter et soudain j’ai eu mal, très mal. Tout mon corps tremblait, j’étais secouée de spasmes. Et ensuite, je ne me souviens plus de rien.

Mathilde et Méline

Soir d’horreur

Un soir d’Halloween, nous sommes parties faire du camping dans la montagne. Nous avons planté nos tentes et sommes allées pêcher pour manger.

Quand nous avons allumé la radio, nous avons entendu la description d’une femme assassin dans la montagne où nous étions. Elle était grande et très mince, elle avait de longs cheveux noirs, des yeux verts, un regard glacé et elle avait une peau presque blanche tachée de sang.

Comme c’était le jour d’Halloween, nous avons cru que c’était une plaisanterie. Mais en écoutant la radio, on a compris que ce n’était pas une plaisanterie mais à cause de toutes les descriptions données, tout les meurtres commis et des corps mutilés. Tout à coup on a vu la fermeture Eclaire de la tente s’ouvrir très lentement. Ensuite, nous avons vu une tête de femme à quatre pattes qui ressemblait à la description donnée par la radio. Elle était en train de nous sourire diaboliquement et elle s’est rapprochée lentement…

Anna Méline

Musée d’ethnographie

Nous sommes allés au musée d’ethnographie à Genève, suivre une exposition sur la mort, pour connaitre plusieurs rituels.
Au bout d’un moment, le guide nous a expliqué comment faire une tête réduite: il faut couper la tête d’un guerrier. C’était souvent à la guerre que les guerriers tuaient. Il y avait trois âmes: l’âme normale, l’âme vengeresse et l’âme guerrière. On faisait les têtes réduite pour que l’âme vengeresse ne se venge pas.
Pour se faire, il faut enlever la peau (le guide nous a dit que ça s’enlevait comme un gant). Il faut aussi vider la tête et mettre du sable pour que ça reste rond. Dernière étape: la faire bouillir et quand tout est fini ça fait un beau collier. Après il nous a parlé de comment la mort était vue par différentes religions.

Méline

 

La page arrachée

Anna, une fille aux yeux bleus et aux cheveux très clairs assez longs, adore l’école mais maintenant qu’elle a déménagé, elle ne veut plus aller au collège. En plus, elle a de la peine à s’intégrer, elle passe ses récréations toute seule. Un jour, déprimée, elle retourne à l’école, elle n’en a pas envie. Elle attend le bus, quand une voiture s’arrête, le conducteur ouvre la fenêtre et lui dit:

– Tu veux que je te ramène dans l’école du Mottier? Pour que tu revoies tes amies tes professeurs.

– Oui j’aimerais tellement les revoir, dit Anna.

Le chauffeur lui dit:

– Monte dans ma voiture attache-toi et on y va.

Anna se réjouissait, elle allait enfin retrouver toutes ses amies. Mais au carrefour, au lieu de tourner à droite il tourna à gauche.

– Mais il faut tourner à gauche, dit Anna.

– Oui normalement, mais maintenant que tu es avec moi je décide et tu n’as pas intérêt à renoncer si tu veux revoir un jour ta famille et tes amies.

Anna commença à pleurer. Elle imaginait qu’elle ne reverrait jamais sa famille.

Méline

Laïka

Laïka c’est mon chien, enfin c’était mon chien. Elle est morte il y a dix jours. Seulement dix jours, mais j’ai l’impression que ça fait dix ans. Elle me manque horriblement. C’était ma meilleure amie, ma confidente. On était toujours ensemble depuis treize ans. Maintenant qu’elle n’est plus là, il y a un grand vide dans ma vie.

Un soir, lorsque j’étais en train de lire dans mon lit, j’ai senti une présence et eu l’impression de voir Laïka. Mais il n y avait plus rien. J’avais dû rêver. La même chose s’est reproduit plusieurs fois. Par exemple je l’ai entendue aboyer ou encore sentie me lécher les doigts. Et c’est la que j’ai compris que Laïka ne m’abandonnerait jamais, qu’on resterait toujours ensemble quoi qu’il arrive.

Méline et Mathilde

Ce livre

Ce livre, je l’ouvre tous les jours et il me déprime quand j’écris dedans.

Ce livre, change de couleurs chaque deux ans.

Ce livre, a souffert en m’endentant chanter, m’énerver, ces notes le font souffrir.

Ce livre, a mal quand il est dans mon sac.

Ce livre, finira dans la poubelle à la fin de ma scolarité.

Ce livre c’est mon agenda.

Anna et Méline

Parking

Nous arrivons au parking de l’Arena pour le concert que nous attendons depuis deux mois. Ma voiture est toute petite et cabossée vu que je ne sais pas bien conduire.

Quand tout à coup, j’entends les sorties du parking se fermer toutes en même temps et à l’entrée un grillage descend. Quand tout à coup une main se pose gentiment sur mon épaule, je me retourne et en fait c’était Virginie qui flippait. Comme si ça ne suffisait pas, un homme vêtu de noir avec les cheveux sombres, les yeux fusillants et les mains pleines de sang, se rapprochait de nous alors que toute les portes étaient fermées. Nous nous sommes cachées derrière une voiture, Anna s’est retournée et a vu une ombre, c’était l’homme que nous avions vu 10 secondes auparavant. Mais cette fois avec une hache dans la main…

Méline, Anna et Virginie